LA MUSIQUE ANGLO-QUÉBÉCOISE DEPUIS LES ANNÉES 80

Par Catherine Mathieu

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Travail présenté à Philip Tagg, Université de Montréal (Histoire de la musique populaire anglophone, le 4 décembre 2003)

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 2

CONTEXTE SOCIAL ET MUSICAL DES ANNÉES 80 AU QUÉBEC 2

2.1 1978-1984 : la crise économique et l’identité culturelle

2.2 1985-1991 : un nouveau souffle

2.3 Quelques artistes marquants

2.3.1 The Box

2.3.2 Men Without Hats

2.3.3 Voïvod

CONTEXTE SOCIAL ET MUSICAL DES ANNÉES 90 AU QUÉBEC 6 3.1 1990-2000 : le village global

3.2 Quelques artistes marquants

3.3.1 Le ska fou: Me mom and Moregentaler

3.3.2 Le hardcore et le metal : BARF

3.3.3 Le multiculturalisme : Overbass

LES ANNÉES 2000 8 4.1 Contexte général
4.2 Le retour du ska : Planet Smashers
4.3 Le courant électro-alternatif : Bran Van 3000
4.4 Le techno : Ramasutra
4.5 Auteur-compositeur-interprète : Rufus Wainwright

LA CONDITION DE L’ARTISTE ANGLO-QUÉBÉCOIS 11
5.1 Problème d’identité : une minorité dans une minorité
5.2 Le problème des quotas radiophoniques
5.3 Vivre au Québec : difficile, mais inspirant pour les artistes anglophones

CONCLUSION 13

BIBLIOGRAPHIE ET ANNEXES 13

1. INTRODUCTION

La Révolution tranquille des années 60 a provoqué plusieurs bouleversements sociaux, politiques et culturels au Québec. Nombreux de ces changements concernaient l’identité nationale. La majorité francophone, jusqu’alors désignée sous l’expression de « Canadiens français », a voulu affirmé sa différence en se proclamant « Québécois ». Ce mouvement nationaliste a toutefois causé bien des tensions entre les deux entités linguistiques de la province. Heureusement, ces frictions se sont depuis amenuisées. Cependant, les deux cultures semblent toujours évoluer en parallèle. Malgré des échanges de plus en plus fréquents entre les deux milieux, les franco-québécois n’ont pas conscience, la plupart du temps, du travail accompli par leurs compatriotes anglophones. Par exemple, dans le domaine de la culture, peu de francophones peuvent nommer et commenter les œuvres d’artistes d’expression anglaise. Pour ce qui est de la musique, le public québécois écoute en majorité des chansons en français ou encore se tourne vers les artistes américains. Pourtant, il existe bel et bien une importante culture musicale anglophone au Québec qui se distingue de celle des États-Unis.

La Révolution tranquille ayant pris fin, selon de nombreux historiens, lors du premier référendum de 1980, ces quelques pages chercheront à dresser un portrait du milieu musical anglo-québécois depuis les années 80 à nos jours. Pour ce faire, le contexte social de chaque décennie (1980 à 1990 et 1990 à 2000) sera expliqué et mis en rapport avec les différents groupes musicaux marquants de ces périodes. Une courte section sera également consacrée aux artistes d’aujourd’hui. Finalement, après avoir brossé un tableau général de la musique anglophone au Québec, nous tenterons d’analyser les éléments qui se dégagent de cette musique et qui constituent les fondements de l’artiste anglo-québécois.

2. CONTEXTE SOCIAL ET MUSICAL DES

ANNÉES 80 AU QUÉBEC

Les auteurs du Guide de la chanson québécoise divise les années 80 en deux périodes : 1978-1984 et 1985-1991. Nous adopterons également cette subdivision pour expliquer le contexte social et musical de cette époque.

2.1 1978-1984 :

la crise économique et l’identité culturelle

Le début des années 80 est caractérisé par un essouflement politique, idéalogique et donc musical. Au niveau international, la mise au pouvoir de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher signifie un retour vers la droite et ses valeurs plus conservatrices. Les gens cherchent alors un style de vie plus stable et plus « bourgeois ». L’individualisme ainsi que le matérialisme deviennent des valeurs socialement reconnues. La crise du pétrole entraîne cependant une situation économique précaire. Chômage, violence et drogues dures deviennent alors la réalité quotidienne de la jeune génération qui exprime ses frustrations à travers le néo-nazisme.

Au Québec, l’échec du référendum du 20 mai 1980 oblige le Parti Québécois à négocier avec le gouvernement fédéral pour réaliser une nouvelle entente constitutionnelle. Pierre Trudeau, alors Premier Ministre, décide de rapatrier la constitution (jusqu’alors à Buckingham) et lors d’une réunion nocturne, plus tard désignée sous le nom de « nuit des longs couteaux », signe une entente avec les neuf provinces anglaises. Le Premier Ministre devient alors l’ « ennemi du Québec ».

En musique, ce climat social se traduit par des chansons peu créatives visant plus à satisfaire des critères de stratégie-marketing que des critères artistiques. Pour éviter de se faire envahir par l’industrie américaine, les producteurs québécois décident de créer l’ADISQ (association québécoise de l’industrie du disque et du spectacle) en 1978 dans le but de pouvoir continuer d’offrir au public une musique québécoise (anglophone ou francophone) différente et originale. En 1979, le fameux Gala des Félix, visant à récompenser les efforts des artistes québécois dans le domaine du disque et du spectacle, voit le jour. Artistiquement, on voit apparaître le « new wave », le « dance wave » et la musique punk agressive et violente. Le disco est également à la mode. On assiste en parallèle à une revalorisation du folklore québécois, à l’immigration d’artistes franco-canadiens (d’Ontario, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba) et à la réalisation de chants patriotiques avec Édith Butler et Zachary Richard. L’industrie du disque voit chuter ses ventes en 1983 lorsque les grandes compagnies torontoises (Capitol, CBS et Warner) décident de ne plus investir dans la musique québécoise et la création musicale devient sous le contrôle de quelques stations radiophoniques (CKOI et CKMF) qui «dictent » le goût du jour au public. Ces stations-radios organisent d’ailleurs des concours comme L’Empire des futures stars qui permet a plusieurs groupes francophones et anglophones de percer. L’arrivée du vidéo-clip ainsi que la création d’une chaîne de télévision francophone consacrée à la musique (Musique Plus) révolutionne le domaine musical québécois.

Bref, le début des années 80 au Québec est surtout marqué par le « syndrome postréférendaire » qui affecte tous les domaines. On assiste à un rejet de l’identité québécoise et à une période plutôt creuse au niveau artistique.

2.2 1985-1991 : un souffle nouveau

Un retour à une certaine conscience sociale voit le jour dans cette deuxième moitié des années 80. L’opposition au régime l’Apartheid et à la famine en Afrique ainsi qu’un mouvement pacifiste et écologiste se développent. Le sida devient une réalité importante et pousse les gens à adopter un mode de vie plus sain. Une certaine ouverture aux cultures étrangères, l’effondrement du mur de Berlin, la montée de l’intégrisme religieux oriental et finalement la guerre du Golf conduisent à une nouvelle restructuration du monde.

Au Québec, le Parti Libéral est élu en 1985 mettant ainsi Robert Bourassa (provincial) et Brian Mulroney (fédéral) au pouvoir. De plus en plus, le Québec cherche à se faire accepter en tant que société distincte. En automne1988, un projet de loi visant à affaiblir la loi 101 mécontente aussi bien les anglophones que les francophones. Le 17 mars 1989, 100 000 personnes marchent en faveur du français. Suite à cette manifestation et au résultat du projet de loi, les anglophones du Parti Libéral désertent les rangs pour former le Parti Égalité/Equality Party en septembre 1989. Parallèlement à ces tensions linguistiques, la pauvreté augmente en flèche avec la multiplication des familles monoparentales et les ratés du système de santé déclenchent une grève des infirmières.

Dans le milieu artistique, le Spectrum de Montréal devient un lieu très important pour la diffusion de la musique québécoise. Cette salle fait d’ailleurs partie de l’empire Spectel qui comporte une section vidéo (Spectel-Vidéo), une section disques (audiogram) et s’occupe de la gestion d’artistes. Un autre lieu important de diffusion pour la musique « underground-alternative » (la plupart du temps anglophone) est les Foufounes électriques. Autre fait à noter : en 1986, la section radiophonique de la Société Radio-Canada devient seulement francophone.

En somme, le Québec se tourne de plus en plus vers le monde et assume son identité américaine tout en protégeant sa langue. La musique anglo-québécoise reste donc en marge de la production de la chanson francophone.En général, ce qui concerne la spécifité, l’identité, le nationalisme et la fierté québécoise est mis de côté durant cette période. Les thèmes exploités sont plus internationaux : la guerre, l’écologisme, le futur.

2.2 Quelques artistes marquants

Nous avons volontairement omis de parler des vedettes solo internationales des années 80 telles que Céline Dion, Corey Hart ou Luba pour davantage se concentrer sur des groupes musicaux ayant remporté un succès plus local ou national. Selon nous, ces groupes sont plus représentatifs de la culture anglophone québécoise que les noms précédemment mentionnés qui ont dû se plier aux critères artistiques américains (surtout) pour avoir une place sur la scène internationale.

2.3.1 Men Without Hats

Ce groupe montréalais a été fondé en 1980 par Ivan Doroschuk, auteur-compositeur ainsi que chanteur de la formation. Les autres membres étaient ses frères Colin (guitare et claviers) et Stefan (guitare basse) ainsi qu’Allan McCarthy (claviers et percussions). Nés en Illinois, les frères Doroschuk ont cependant grandis à Montréal. Leur premier grand succès a été « The Safety Dance » de l’album Rythm of Youth en 1983 (les ventes ont été estimées à deux millions d’exemplaires sur le marché international). La même année, Men Without Hats rafle trois Félix (45 tours le plus vendu, groupe et disque rock de l’année). En 1984, le groupe se mérite un Félix pour l’artiste québécois s’étant le plus illustré hors Québec et se retrouve en nomination aux prix Grammy dans la catégorie «meilleur nouvel artiste ». D’autres succès internationaux viendront avec l’album Pop goes the world en 1987 qui remportera le Félix de l’Album pop/rock de langue anglaise de l’année. Leur quatrième disque, The Adventures of woman and Men Without Hate in the 21st Century, sortit trois ans plus tard. En 1991, l’album Sideways réunissait Men Without Hats ainsi que les groupes québécois suivants : Voïvod, The Doughboys et Idées noires.

Des mélodies simples avec des textes au contenu social et politique idéaliste caractérisent la musique de Men Without Hats. Par exemple, la chanson « In the 21st Century » est un véritable cri d’espoir pour un futur écologique et pacifique. « Freeways » de l’album ?, est quant à elle un mélange des principales influences que pouvait vivre le Québec des années 80 : américanisation, langue française, valeurs plus matérialistes et internationalité. Le groupe montréalais, quoique ayant connu un important succès hors de la province, représente quand même la culture québécoise anglophone de son époque.

2.3.2 The Box

Formé en 1982 par l’auteur-compositeur-interprète Jean-Marc Pisapia, ce groupe montréalais était également composé de Philippe Bernard (à la batterie), de Jean-Pierre Brie (à la guitare basse), Guy Florent (à la guitare) et de Guy Pisapia (aux claviers).Le groupe se mérite une deuxième place au concours L’Empire des futurs stars (organisé par la station-radio CKOI) en 1983. Associés au producteur Marc Durand, gérant des Men Without Hats, les membres de cet ensemble sont francophones, mais décident d’écrire leurs chansons en anglais dans le but de rejoindre un public plus international. Ils sortent leur 1er album (The Box) en 1985 sous l’étiquette Alert. Ce disque comprend quelques succès locaux tels que « Walk Away » (traduisant la dure réalité quotidienne du début des années 80) et « I’ll Always Remeber ». En 1985, Guy Florent est remplacé par Claude Thibault et s’ajoutent les choristes Sass Jordan et Sylvie Daviau. Le groupe prend véritablement son envol avec leur deuxième album : All the Time, All the Time… paru aussi sous l’étiquette Alert. Les chansons L’Affaire Dumoutier (chanson bilingue relatant le procès suite au meurtre d’Élizabeth Dumoutier) et My dreams of You leur permettent d’accéder au marché national. Après une tournée nationale estivale avec Men Without Hats, The Box reçoit le Félix du meilleur groupe de l’année 1985 et est en nomination au Gala Juno Awards comme groupe le plus prometteur. En 1987, ils lancent un troisième album (Closer Together) avec lequel ils récolteront trois Félix (groupe et album anglophone de l’année et vidéoclip de l’année). Leur quatrième album, The Pleasure and the Pain, enregistré à Londres en 1990 sous la même étiquette, incluait les succès « Carry on » et « Temptation ».En 1992, ils sortent une compilation (A Decade of Box Music) pour leur dixième anniversaire. Le groupe se sépare la même année.

Musicalement, The Box est caractérisé par ses chansons aux refrains faciles à mémoriser, empreintes de conscience sociale et de sentiments populistes. Sans véritablement avoir percé le marché international, le groupe s’est taillé une place parmi les « classiques » du rock au Canada comme au Québec. Sa musique est québécoise de par l’utilisation du bilinguisme (francophones ayant décidé de chanter en anglais et intégrant quelques paroles en français dans leurs chansons), par l’exploitation de thèmes présents dans la société québécoise des années 80 (réalité quotidienne difficile dans « Walk Away », médias dans « Live On TV » et ouverture sur le monde dans « Ordinary people »). Voir annexe 1 et 2 pour voir le texte de ses chansons.

2.3.3 Voïvod

Formé de Denis « Snake » Bélanger (chant), Denis « Piggy » (guitare), Michel « Away » Langevin (batterie) et Jean-Yves « Blacky » Thériault (guitare basse), ce groupe de « heavy metal » (un des premiers au Québec) a débuté sa carrière en 1983. Bien qu’ayant enregistré plusieurs albums, leur plus célèbre succès a été « Into my Hypercube » de l’album Nothingface (1989). Cet ensemble, beaucoup moins important dans la culture québécoise des années 80 que The Box et Men Without Hats, correspond néanmoins à un nouveau courant de musique plus agressive se développant dans ces années. Leurs textes, exprimant une révolte contre la société en général, peuvent tout aussi bien être interprétés dans le contexte social du Québec post-référendaire. Encore une fois, le groupe est essentiellement composé de franco-québécois ayant pris la décision de chanter en anglais. Ce phénomène est semble être typique des années 80.

3. CONTEXTE SOCIAL ET MUSICAL DES

ANNÉES 90 AU QUÉBEC

3.1 1990-2000 : le village global

Le début des années 90 commence avec la guerre du Golf. Ce conflit détermine par la suite plusieurs événements ou réalités de cette décennie. Par exemple, la montée de l’intégrisme religieux, amorcée dans les années précédentes, provoque l’apparition d’un nouveau phénomène : le terrorisme. Les nouvelles technologies comme internet, le satellite, la télécopie et le téléphone cellulaire déterminent également le genre de vie que mènent désormais les gens. Le rythme de vie est effréné et la majorité des personnes tentent de combler un vide en consommant sans cesse. En opposition à cette société de consommation se développe un mouvement écologique et une idéalogie prônant le retour aux valeurs simples et vraies (au Québec, ce phénomène est désignée sous le nom de « simplicité volontaire »). La mondialisation est également une des conséquences de l’omniprésence des médias. Les humains font maintenant partie du village global (Marshall McLuhan). Le Québec (et surtout Montréal) devient multiculturel. Les différentes ethnies et religions se côtoient tous les jours et permettent des échanges très intéressants entre les différentes cultures. Les deux pôles linguistiques québécois (anglophones vs francophones) sont maintenant incorporés aux allophones. Cependant, avec l’échec du deuxième référendum de 1995, le Parti Québécois ravive les idéaux indépendantistes de plusieurs citoyens ce qui réveille les vieilles tensions linguistiques et politiques.

En musique, le Québec connaît une renaissance artistique au début des années 90 avec la formation de plusieurs nouveaux groupes. Ces musiciens sont pour la plupart francophones. Du côté anglophone, on note l’apparition de quelques groupes de ska, l’évolution de la musique « heavy metal » ainsi que la création d’ensembles multiculturels intégrant les influences de leurs propres cultures, mais ayant décidé de s’exprimer en anglais.

3.2 Quelques artistes marquants

3.2.1 Me, mom and Morgentaler

Baptisé ainsi en l’honneur du Dr. Henry Morgentaler, directeur d’une clinique d’avortement ayant soulevé la contreverse dans les années 80, ce joyeux groupe montréalais « underground » du début des années 90, aime bien (comme son nom l’indique) provoquer. Composé de huit musiciens âgés entre 19 et 21 ans de différentes origines, l’ensemble offre un répertoire éclectique fortement influencé par le ska, mais aussi par le reggae, la polka, le swing et le rock. Caractérisés par leur humour noir, leur sens de la dérision, leur irrévérence et leur folie les membres de Me mom aiment en mettre plein la vue à leur public en préparant des spectacles démesurés. Leur premier album, Clown, Heaven and Hell (1991), comprend de nombreuses chansons où le groupe s’exprime dans les deux langues officielles. Le second disque (sans doute le plus populaire), Shiva Space Machine (1993), aborde des thèmes d’actualité comme le sida (« Everybody’s got aids »), le racisme et le sexisme. We Are Revolting : Live and Obscure 1990-1994, leur troisième et dernier album, est en fait une compilation de leurs meilleurs succès (« My mother’s friend », « Spittle on my chin » et « Heloise »entre autres).

Bien qu’ayant eu une vie assez courte, Me, Mom and Morgentaler ont néanmoins marqué la scène underground montréalaise et servi d’influences pour plusieurs autres groupes. Cette formation est typiquement montréalaise sous plusieurs aspects : beaucoup de chansons contiennent les deux langues (et même parfois l’espagnol), les membres du groupe sont de diverses origines, la musique est un joyeux mélange de diverses influences et le tout est un brin irrévencieux.

3.2.2 Le « hardcore » ou le « metal » : B.A.R.F.

Il existe plusieurs groupes de metal anglo-québécois durant les années 90. Il s’agit pour la plupart de « groupes de garage ». Peu de groupes ont cependant enregistré des albums. C’est cependant le cas de B.A.R.F. (Blasting All Rotten Fuckers). Composé de Marc Vaillancourt (voix), Denis Lepage (guitare) Stéphane Arsenault (guitare basse), Forest (guitare), Sag et Peter Jackson (batterie), l’ensemble est considéré par ses fans comme le groupe vétéran de la musique heavy metal au Québec. Parfaitement bilingues, les membres de B.A.R.F écrivent leurs chansons aussi bien en français qu’en anglais. Tumulte, leur premier véritable album, remonte à 1992 et contient de nombreuses chansons portant un message social ou politique (« For Chaos and I », « Massive Social War » et « Artificial Peace »). Ce disque est suivi d’un deuxième plus obscur et presque entièrement écrit en français, Igorance Chaos Suicide. En 1996, un troisième album sort : Live.

...À terminer...

3.2.3 Le multiculturalisme : Overbass

Overbass a fait ses débuts en 1994. Il s’agit d’un groupe multiethnique (Mexique, Haïti, Espagne et Québec) qui s’exprime en français, anglais et espagnol. Les membres qui le composent sont : Miguel Perez (claviers), Serge Morin (batterie et voix), Shantal Arroyo (voix), J-Hell (guitare basse et voix) et Jetho (guitare basse et voix). Ce groupe fait un mélange de musique metal, punk, hardcore, funk et mêle des rythmes latins à toutes ces influences. Tous leurs albums ont été réalisés dans les trois langues : Revolucion (2003), Libertad, Historias, Overbass et Live Crash. Leur musique est bien sûr imprégnée des diverses origines des membres, mais certaines chansons sont tout à fait québécoises de part leur sujet. Par exemple, la chanson « Slapshot » relate une partie de hockey, sport favori des Québécois, et fait directement référence à certains slogans chantés lors des parties. Finalement, Overbass, tout comme Me, mom and Morgentaler, traduit bien le multiculturalisme montréalais.

4. LES ANNÉES 2000

4.1 Contexte général

Bien sûr, il est encore trop tôt pour dressé un portrait général des années 2000. Cependant, il est difficile de passer par-dessus l’événement du 11 septembre 2001 et la guerre contre Saddam Hussein qui affecteront sans aucun doute la suite de cette décennie. Ces deux drames ont influencé la pensée de plusieurs personnes, mais surtout celle des artistes d’aujourd’hui. La musique en est incontestablement imprégnée.

4.2 Le retour du ska : Planet Smashers et cie

Considéré aujourd’hui comme un des meilleurs groupes de musique ska en Amérique du Nord, Planet Smashers est une figure importante de la scène « underground » montréalaise. Matt Collyer (guitare et voix), Leon Kingstone (saxophone), J.O. Beglin (trombone), Dave Cooper (guitare basse) et Scott Russell (batterie et percussions) composent cette formation qui fait ses débuts en 1993. À la fin de l'année 1994, Matt Collyer fonde la maison de disques Stomp, complètement indépendante et vouée au ska. Tous les albums des Planets Smashers ainsi que ceux des groupes ska québécois (The Kingpins, Undercovers et Gansters Politics entre autres) sont par la suite enregistrés sous cette étiquette. Deux ans plus tard, l'ensemble ska montréalais sort son premier album, Planet Smashers, qui a été popularisé grâce au vidéoclip « Mission Aborted ». En 1998, Attack of the Planet Smashers devient un classique du ska canadien dès sa parution. Le disque s’est vendu à plus de 25 000 copies et a occupé la deuxième position du palmarès collégial national pendant plus de deux mois. Au début de l’année 1999, le groupe enregistre leur troisième album intitulé Life of the Party qui renferme le matériel des Planet Smashers jusqu’à maintenant. No Self Control, lancé en 2001, n'a pas eu le même impact sur les ventes que les autres disques, mais le groupe s'est repris avec son tout récent album, Mighty (2003) qui, selon la critique, est la plus consistante de toutes leurs réalisations.

La musique des Planets Smashers est constituée de mélodies de cuivres accrochantes, d'une section rythmique très solide et surtout dégage une énergie folle qui donne immanquablement le goût de danser. Comme plusieurs groupes anglo-québécois, le groupe intègre des paroles en français dans leurs chansons et aborde le sujet du « pouvoir américain ». Également, on retrouve dans quelques chansons (« Get Away », « The Other Side ») la description d'un sentiment de rejet face à une autre culture. C'est d'ailleurs un thème qu'on retrouve assez souvent dans le répertoire anglo-québécois. On pourrait avancer l'hypothèse que les artistes anglophones au Québec se sentent rejeté par la majorité francophone, qu'ils ont de la difficulté à trouver leur place. Autres groupes ska québécois à mentionner : The Gamblers, The Kingpins, Undercovers, Subb et Fifty Nutz.

4.3 Le courant électro-alternatif : Bran Van 3000

James « Bran Man » Di Salvio, réalisateur de film et de vidéo, n'avait pas pour principal objectif de former un groupe au départ. C'est en faisant différents travails reliés à sa passion qu'il s'est retrouvé dans l'univers musical. Rêvant de devenir DJ, James Di Salvio regroupe près quelques musiciens (producteurs, chanteurs et gourous de hip-hop) pour fonder Bran Van 3000 en 1995. Avec James, les membres actuels sont : E.P. Bergen (DJ), John Kastner (tourneur de table), Sara Johnston (chanteuse), Stephane Moreille (chanteur soul) , Jayne Hill (chanteuse), Steve « Liquid » Hawley (MC), Rob Joanisse (batteur jazz), Nick Hynes (guitare) et Gary McKenzie (guitare basse). Le groupe a sorti son premier album en 1998 portant le titre de Glee. Ce disque comprenanit un amalgame de styles divers (techno, hip-hop, « lounge », kitsch-pop et musique de club). Les chansons « Drinking in LA » et « Afrodiziac » sont rpidement devenues de grands succèes. En 2001, Bran Van 3000 lance soin deuxième disque, Discosis, qui est, encore une fois, un mélange de différentes influences (« music dance », mélodies pop et surtout beaucoup d'humour). Cet album comprend la chanson « Montréal » relatant un amour de jeunesse dans lequel la jeune fille pourrait très bien être la personnification de Montréal elle-même. Tout comme les autres groupes anglophones du Québec, Bran Van 3000 incorpore quelques paroles en français (assez rarement toutefois), est caractérisé par son ouverture (autant musicalement qu'humainement) et surtout son sens de l'humour.

4.4 Le techno : Ramasutra

Souvent connu sous le nom de DJ Ram, Ramasutra est un créateur possédant une forte individualité. Né d'une mère Dansoise et d'un père Indou et élevé à Montréal, Ramachandra Borcar (son vrai nom) est un heureux mélange de cultures multiethniques. Sa musique reflète d'ailleurs très bien ces diverses influences. Diplômé de l'Université McGill en composition contemporaine et électro-acoustique, Ramasutra fait de la musique à saveur d'électronica, de musique du monde, de Jazz, de sonorités « jungle », d' « ambient », de « drum'n' bass » et possède un son indou prononcé. Tourneur de table d'envergure internationale, Ramasutra a partagé la scène avec Bjork, The Chemical Brothers, Asian Dub Foudation et Howie B. Son premier album, The East Infection (1999), lui a permis de véritablement lancé sa carrière en rejoignant un grand public pas nécessairement familier avec la musique techno en général. Il reçoit un Félix, la même année, pour le meilleur album électronique et est en nomination au Juno Awards pour le meilleur album alternatif. Son vidéoclip Marder, passé sur les ondes de Musique Plus et MuchMusic lui a également donné une bonne visibilité. Son tout dernier disque, El Pipo Dela Taxi (2003), regorge encore une fois d'influences multiethniques (japonaise, indienne, bossa nova, amazonienne, etc.).

La musique de Ramasutra, tout en étant totalement multiculturelle ou peut-être même parce qu'elle est aussi multiethnique, a quelque chose de très montréalais. Il n'y a que Montréal pour donner naissance à une musique aussi diversifiée culturellement.

4.5 Un auteur-compositeur-interprète : Rufus Wainwright

Né en 1973 dans l'état de New York, Rufus Wainwright a cependant été élevé, suite au divorce de ses parents, dans la ville d'origine de sa mère. Rufus vient d'une famille de musiciens et commence à jouer du piano dès l'âge de six ans. À 13 ans, il fait déjà des tournées avec sa mère, sa tante et sa soeur Martha, tous membres du The McGarrigle Sisters and Family. Il passe son adolescence dans une école secondaire francophone où il peut continuer à jouer du piano. Il se découvre alors une véritable passion pour l'opéra, Édith Piaf, Al Jolson et Judy Garland. À peine sorti du secondaire, il part étudier à la Millbrook School (NY) et revient quelques années plus tard parfaire sa formation à l'Université McGill. C'est d'ailleurs à ce moment qu'il décide vraiment de quitter le monde de la musique classique pour celui de la musique pop. En 1998, il lance son premier disque intitulé Rufus Wainwright. Les critiques l'acclament dès sa parution et certains le nomment le « troubadour de la chanson pop ». Durant cete période, il est mis en nomination au Juno Awards pour le jeune artiste le plus prometteur ainsi qu'aux Génies pour la meilleure chanson de film. Son deuxième album paru en 2001 sous le titre Poses fait encore une fois l'unanimité des critiques. Rufus effectue plusieurs tournées au Canada et aux États-Unis avec quelques vedettes de la chanson (Tori Amos, entre autres). Finalement, son troisième album, Want One, est sorti au mois de septembre dernier et on attend un Want Two pour la fin de l'année ou le début de l'année prochaine. Ce dernier disque est fortement influencé par les récents événements (11 septembre 2001 et la guerre en Irak). Par exemple, la chanson « Oh What A World » dresse un portrait de la vie d'aujourd'hui et s'interroge sur sa valeur.

Artiste de réputation international, Rufus Wainwright se déclare néanmoins Montréalais dans l'âme. Beaucoup de ses chansons traduisent un amour de la langue française. Un peu amer et triste de n'avoir jamais véritablement pu s'intégrer à la culture francophone québécoise, Rufus avoue puiser une grande part de son inspiration dans la « dualité » des deux principales cultures du Québec.

5. LA CONDITION DE L'ARTISTE

ANGLO-QUÉBÉCOIS

5.1 Problème d'identité : une minorité dans une minorité

Les artistes de langue anglaise du Québec se retrouve dans une position assez étrange. Ils ont quelques fois bien du mal à définir leur identité. Canadiens anglais, Québécois anglais, anglophones... Le problème vient du fait qu'ils font partie d'une culture linguistique majoritaire au Canada et en Amérique du Nord alors qu'ils sont aussi partie intégrante d'un monde minoritaire au Québec. Les artistes anglophones décidant de vivre à Montréal (il est beaucoup plus rare d'en rencontrer en régions) le font par choix et par amour de la ville plus que par souci de se faire connaître et d'atteindre un certain succès. Selon Josh Freed, chroniqueur et auteur anglo-québécois, la vie d'un artiste anglophone montréalais est un constant défi. La majorité des francophones sont indifférents aux réalisations anglophones et préférent en général se tourner vers les État-Unis lorsqu'ils désirent s'imprégner de la culture anglo-saxonne. Les anglophones d'ici, par contre, ne s'identifient pas du tout aux Américains. Pour eux, le Québec (en particulier Montréal) sert de barrière contre l'invasion de la culture des États-Unis. Ces artistes ne se sentent pas typiquement Canadiens non plus. Ils aiment la différence du Québec et sont réellement attachés à Montréal. Malheureusement, ces gens doivent atteindre un succès au Canada anglais avant de pouvoir espérer être reconnu au Québec.

En musique, ce problème d'identité se manifeste par le bilinguisme de certaines chansons, par un humour noir et cynique ainsi que par l'utilisation des thèmes du rejet, de l'incompréhension et de la solitude. Bien qu'il y ait de plus en plus d'échanges entre les deux cultures, autrefois délimitées par la « Main » (la rue St-Laurent), il reste une certaine division entre ces deux pôles linguistiques qui sert d'inspiration à plusieurs artistes.

5.2 Les problèmes de quotas radiophoniques

Depuis le début des années 70, les stations de radio francophones sont tenues de respecter les normes de contenu minimal de musique de langue française imposées par le CRTC (Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes), c'est-à-dire qu'elles doivent diffuser 65% de musique francophone sur leurs ondes. De plus, aux heures de grande écoute (entre 6h et 18h du lundi au vendredi), 55% de leur contenu doit être francophone. Pour le reste du Canada, 35% de contenu canadien doit être diffuser par les stations de radio. Depuis 1999, les radios de campus ainsi que les radios communautaires sont également soumises à ces réglementations. Ces lois, ayant bien sûr pour but de protéger la langue française au Québec et de contrer l'invasion américaine sur les ondes canadiennes, limitent cependant beaucoup la diffusion de musique anglo-québécoise. Comme il existe un plus grand nombre de radios francophones qu'anglophones au Québec et que les francophones écoutent en général peu de radio de langue anglaise, les musiciens anglophones sont presque ignorés de la majorité du Québec. De plus, les stations sont généralement peu ouvertes à la nouveauté et préfèrent se référer au modèles plus conventionnels. Par exemple, le ska est presque absent des ondes alors qu'il s'agit d'un courant assez fort depuis quelques années. Malheureusement, la musique plus underground et anglophone de surplus ne peut être que diffusée durant la nuit. Les musiciens anglophones du Québec ont donc beaucoup de difficulté à se faire entendre.

5.3 Vivre au Québec : difficile, mais inspirant pour les artistes anglophones

« Pour devenir un artiste fameux anglophone, il faut aller à New York, Toronto ou Vancouver, mais vous ne pouvez pas restez ici. Le prix pour rester ici, c'et le manque de succès. » Cette phrase de Josh Freed résume bien la situation de l'artiste anglophone montréalais qui choisit de mener une vie difficile où son art ne sera peut-être pas reconnu. On peut donc s'interroger sur la choix de ces artistes de demeurer à Montréal. Pourquoi décider consciemment de vivre ici pour réaliser son art en sachant que la majorité des franco-québécois ainsi que le reste du Canada anglais est presque indifférent au travail des anglo-québécois ? Pourquoi se résigner à ne pas avoir de succès dans son propre pays ? Et les tensions politiques, linguistiques, les référendums ? Qu'est-ce qui motive ces gens à rester au Québec ? La réponse est fort simple : l'inspiration. Les artistes anglophones de Montréal ont décidé de vivre dans cette ville parce qu'elle est remplie de contradictions, qu'elle est stimulante et dynamique et qu'elle permet la diversité. Quoi de plus ennuyant pour un artiste qu'un lieu uniforme, équilibré et confortable ? Les musiciens d'ici (ainsi que tous le créateurs en général) se nourrissent des tensions politiques, culturelles et linguistiques. Cela leur sert d'inspiration. C'est en grande partie pour cette raison qu'ils décident de s'installer ou encore de rester vivre à Montréal. Cette ville leur offre un climat de création particulier, presque idéal. Faire sa carrière à Montréal, pour un artiste anglophone, c'est un véritable défi quotidien.

6. CONCLUSION

Après avoir dressé un portrait global de la musique anglo-québécoise depuis les années 80 jusqu'à nos jours puis, avoir commenté la situation de l'artiste d'expression anglaise d'ici, nous pouvons affirmer que la création artistique anglophone du Québec a bien une identité propre. Elle se distingue par plusieurs points (textes, thèmes abordés, multiculturalisme) de la culture américaine et même de celle du reste du Canada. On pourrait donc affirmer que la différence du Québec va au-delà de la question linguistique. Sa musique, francophone ou anglophone, lui est propre et traduit une réalité ainsi qu'une identité particulière. Le dynamisme, le mouvement et les contradictions de toute sorte sont à la base même de cette dinstinction.

On peut également remarquer une évolution constante dans l'ouverture face aux autres cultures depuis les années 80. Cette intégration a permis au Québec de se construire une nouvelle identité basée non plus sur la langue, mais bien sur une réalité sociale commune. La musique québécoise de demain devrait donc traduire davantage cet aspect. Bientôt, nous ne parlerons plus de musique franco-québécoise ou anglo-québécoise, mais bien de musique du Québec, tout simplement.

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